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jeudi, 30 mars 2006

Fabienne I

J'ai rencontré Fabienne la semaine dernière chez Marianne. Le lendemain, je reçois un e-mail où elle me propose sans détour sa compagnie dans des termes plutôt explicites. D'abord choqué par cette invitation quelque peu directe, parce que Fabienne ne peut pas ignorer la liaison que j'entretiens avec Marianne, après que celle-ci m'ait affirmé que cela ne lui posait aucun problème, j'accepte finalement le principe d'une rencontre en terrain neutre. Rendez-vous est pris pour hier mercredi à 17 heures, dans une brasserie du XVI° arrondissement.

J'arrive place de Mexico avec 5 minutes d'avance. Fabienne est déjà là, installée au bar, bien en vue. T-shirt noir, jean moulant, tennis. Sur le moment, je me demande si je dois ou non me féliciter qu'elle n'ait pas choisi une table tranquille au fond de la brasserie. Bonjour, bisou rapide sur la joue. J'apprécie qu'elle ne précipite pas les choses par une attitude trop démonstrative, même si le t-shirt est généreusement décolleté, et si l'absence de soutien-gorge est évidente. Mes propres intentions restent obscures, même (surtout ?) pour moi.

Pendant un assez long moment, nous échangeons d'incroyables banalités (la météo, le CPE...) jusqu'à ce qu'un interminable silence s'installe. Serait-elle plus timide que ses messages ne le laissaient présager ? Il faut dire que la présence constante du barman n'autorise pas tous les sujets de conversation. Même silencieuse, elle ne me quitte pas des yeux, et je me noie volontiers dans son regard clair.

Elle propose finalement de s'installer à une table. La conversation y prend une tournure un peu plus intime, nous parlons de nous, de mon métier, de ses études, de nos goûts, un peu de Marianne aussi. Les affinités se révèlent. Je découvre avec surprise, intérêt et plaisir qu'elle pratique la programmation à titre de loisir. Elle aime la musique gothique et l'opéra. Elle est fan du poète portugais Fernando Pessoa. J'apprécie de plus en plus la compagnie et la conversation de cette fille, mais je suis un peu déconcerté par le décalage persistant entre son attitude plutôt sage et le contenu assez cru des ses messages.

Le temps passe, nous continuons à faire connaissance, sans que le sexe soit évoqué, ne serait-ce que par allusion. Elle déclare seulement préférer les hommes plus âgés qu'elle, plutôt intellectuels, et qu'elle aime la barbe. Ces critères objectifs me font mieux comprendre pourquoi une fille comme elle s'intéresse à moi, et je suis déjà sous le charme. 19 heures. Elle a faim. Nous décidons de dîner sur place. Une petite heure plus tard, le repas terminé :
- On va chez moi ?
- Oui.

Quelques minutes de marche nous conduisent dans une voie privée entre la rue de la Pompe et l'avenue Victor Hugo. Elle m'explique que ses parents sont les propriétaires de deux appartements, ils occupent celui du 2° étage, elle celui du 3° étage : plus de 200 m² pour elle toute seule. Une vraie forteresse dont la petite clé sert seulement à ouvrir un boîtier électronique où taper un code déverrouille la porte.

Nous entrons. Elle referme la porte, et se met immédiatement pieds nus. J'apprécie. Je le lui dis. Elle sourit. Elle me fait rapidement visiter. C'est un peu surréaliste, presque toutes les pièces sont entièrement vides, nues, avec cette résonance particulière aux espaces sans meubles, à l'exception de sa chambre, de la salle de bains, de la cuisine, et du grand salon/bureau où nous nous installons. Le décor mélange des meubles de style et des gadgets un peu kitsch sortis tout droit d'une boutique Soho. Elle va chercher une bouteille de vodka, ôte son t-shirt avec un incroyable naturel, met de la musique gothique, très fort. L'heure n'est plus à la conversation...

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Elle vient se blottir tout contre moi dans le canapé. Pendant une éternité nous buvons, nous nous embrassons, nous buvons encore, nous nous embrassons encore. Je caresse et masse ses seins. J'adhère pleinement à son rythme, à sa vibration, ils me conviennent, je les ressens, je les partage. Depuis quand ne me suis-je pas senti aussi bien ?

Elle s'éclipse un instant aux toilettes, en ressort nue. Désir réciproque évident, les mots restent inutiles. Avant d'aller dans la chambre, elle change la musique :
- Pour baiser, je préfère l'opéra.
Toujours aussi fort. De quoi me réconcilier avec ce bon vieux Verdi. Ce n'est que maintenant que je me pose la question des voisins !

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«Baiser». Je n'aime pas ce mot, j'aurais préféré qu'elle dise : «faire l'amour». Mais c'est elle qui a raison, puisqu'il ne s'agit pas d'amour. La suite, bien sûr, n'a pas à être racontée ici. Je suis rentré assez tard avec des étoiles et toujours des nuages menaçants dans la tête. Je vais bien et je vais mal, en même temps...

Nous nous revoyons bientôt. Nous avons encore bien des choses à nous dire et quelques projets un peu fous, comme une soirée «strip-programmation» (?) (une idée de Fabienne) ou faire l'amour dans une des pièces vides (une idée à moi).

Une chose n'a pas été dite, et ne le sera sans doute jamais : «je t'aime». Et c'est très bien ainsi.

Commentaires

Quel beau récit ! Vivre l'instant, jusqu'au plus profond des désirs...

Écrit par : Cristal | jeudi, 30 mars 2006

ben mon grand, moi, je peux répondre à ta question sur "quand" : mai 1987...

Fabienne est celle qui recolle les morceaux depuis Elisabeth : même âge, même physique, beaucoup d'argent et de capacités intellectuelles

Verdi, aïe aïe, Papa était dans la pièce...?

il fallait bien que cela t'arrive, n'aie pas peur...

Écrit par : juliette | samedi, 01 avril 2006

Les commentaires sont fermés.